Quand je prépare un trek, je cherche toujours autant les paysages que la rencontre inattendue avec la faune sauvage à découvrir au Vietnam. Le Vietnam est un terrain de jeu exceptionnel pour qui aime observer les espèces dans leur milieu : forêts primaires, mangroves, montagnes karstiques, rizières en terrasses, chaque milieu offre son lot de surprises. Dans cet article je vous raconte ce que j’ai vu, ce que j’ai appris et surtout où et comment maximiser vos chances d’observer la faune tout en la respectant.

Pourquoi le Vietnam pour observer la faune sauvage

Ce pays d’Asie du Sud‑Est possède une biodiversité remarquable, souvent méconnue des visiteurs pressés. Entre le nord montagnard et le delta du Mékong, on trouve des zones protégées encore peu fréquentées où la nature reprend ses droits. J’ai aimé la diversité d’habitats : la canopée des forêts primaires, les clairières qui attirent les cervidés, les falaises propices aux rapaces et les cours d’eau abritant crocodiles et tortues. C’est un pays où l’on peut faire des treks combinant paysages et ornithologie, mammalogie ou herpétofaune.

Où partir en trek pour observer la faune

Voici quelques lieux qui m’ont paru incontournables — ils couvrent différents types d’écosystèmes et des niveaux d’accès variés :

  • Parc national de Cat Tien (sud) : bon pour les primates, petits carnivores et oiseaux forestiers.
  • Réserve de Cuc Phuong (nord) : la plus ancienne réserve du Vietnam, excellente pour les primates, les papillons et la découverte des plantes endémiques.
  • Baie d’Ha Long terrestre – parc de Cat Ba (nord-est) : pour observer des oiseaux côtiers, la civette et, si vous êtes très chanceux, l’outarde d’Annam rare.
  • Forêts de Pu Mat (nord-ouest) : terrain de choix pour les espèces rares et nocturnes.
  • Delta du Mékong et mangroves (sud) : pour les reptiles aquatiques, les oiseaux migrateurs et les dauphins d’eau douce (Irrawaddy dans certaines zones).
  • Espèces à surveiller lors d’un trek

    Je liste ici les espèces qui m’ont marqué et celles que je conseille de rechercher selon la zone. L’idée est d’avoir des objectifs réalistes — certaines espèces sont très secrètes et demandent patience et chance.

    Mammifères

  • Gibiers forestiers : cerfs (muntjac), chevrotains — souvent vus au lever ou au coucher du soleil.
  • Primates : macaques à longue queue (présents près des zones touristiques), langurs de Delacour ou langurs à tête blanche dans certains massifs — j’ai eu la chance d’en observer un groupe discret dans une clairière.
  • Petit carnivores : civettes, genettes, chats sauvages (très furtifs) — l’écoute nocturne et les caméras pièges sont souvent plus efficaces que la simple marche.
  • Grandes espèces emblématiques : tigres et éléphants d’Asie sont extrêmement rares au Vietnam et presque impossibles à voir en trek; mieux vaut espérer des signes indirects (empreintes, détritus alimentaires).
  • Oiseaux

    Les oiseaux sont souvent la meilleure récompense d’un trek : bruyants, colorés et plus faciles à repérer que les mammifères nocturnes.

  • Ornithologie de forêt : pittas, troglodytes, mésanges locales et de nombreux picidés.
  • Espèces emblématiques : le faisan vert, l’outarde d’Annam (vraiment rare), le calaos et plusieurs espèces de rapaces dans les zones karstiques.
  • Zones humides : hérons, aigrettes, milans et sternes dans les deltas et mangroves.
  • Reptiles et amphibiens

    Les rivières, marais et forêts humides sont riches en espèces souvent fascinantes.

  • Serpents : cobras, pitons et serpents d’eau — j’ai appris à ne pas m’approcher d’un serpente que je ne connais pas et à garder une distance respectueuse.
  • Tortues et crocodiles : le gavial n’est pas présent, mais certaines tortues de rivière et le crocodile d’eau douce existent encore en populations limitées dans le Sud.
  • Amphibiens : grenouilles arboricoles et crapauds — très actifs après la saison des pluies.
  • Insectes et papillons

    La diversité des papillons m’a souvent coupé le souffle — certains sentiers, au petit matin, ressemblent à des tapis volants. Les lucioles dans certaines vallées donnent, à la nuit tombée, un spectacle magique.

    Conseils pratiques pour observer la faune en trek

    Voici les astuces que j’applique systématiquement pour augmenter mes chances sans perturber la nature :

  • Heures d’observation : privilégier l’aube et le crépuscule — la faune diurne et crépusculaire est alors la plus active.
  • Silence et camouflage : parler à voix basse, éviter les couleurs vives, marcher lentement et faire des pauses.
  • Utiliser des guides locaux : ils repèrent des traces, comprennent les appels d’oiseaux, connaissent les meilleurs secteurs et respectent souvent mieux l’environnement.
  • Matériel utile : jumelles 8x ou 10x, une lampe frontale à intensité réglable, un appareil photo avec un objectif télé (200-400 mm idéal), chaussures imperméables et un carnet d’observation.
  • Respecter la faune : ne pas nourrir, ne pas approcher les nids, éviter la pose de flash nocturne sur les animaux.
  • Itinéraires types pour un trek faunistique

    DuréeRégionEspèces cibléesNiveau
    2-3 joursParc national de Cat TienPrimates, oiseaux forestiers, cerfsFacile à modéré
    3-5 joursCuc PhuongLangurs, papillons, amphibiensModéré
    4-6 joursPu MatEspèces rares, nocturnesModéré à difficile
    1-2 joursDelta du MékongOiseaux aquatiques, reptilesFacile

    Photographie et respect : mes règles personnelles

    Photographier la faune est un grand plaisir, mais j’applique des règles strictes : je n’utilise jamais de leurres ni de nourriture pour attirer un animal. Je reste à distance, j’évite le flash pour les yeux nocturnes et je privilégie les portraits naturels. Une photo prise en respectant l’animal vaut bien mieux qu’un selfie maladroit à côté d’un individu stressé.

    Préparer son trek : logistique et sécurité

    Sur le plan pratique, je vérifie toujours les autorisations nécessaires pour entrer dans certaines réserves et je contacte des guides officiels recommandés par les parcs. Les moustiques et la dengue sont des réalités — préparation anti‑moustiques, vêtements longue protection, trousse de secours et répulsif de qualité (DEET ou IR3535) sont indispensables. Enfin, s’informer sur la saison : la saison sèche est plus confortable mais la saison des pluies révèle souvent une faune plus active.

    Si vous partez à la recherche de la faune sauvage à découvrir au Vietnam, attendez‑vous à des moments de pure observation, à quelques déceptions (certaines espèces sont vraiment rares) et surtout à des rencontres qui restent gravées. Pour ma part, c’est la patience et le choix du bon guide local qui ont transformé mes treks en véritables safaris humains et naturalistes — et je reviens toujours avec de nouveaux projets pour explorer d’autres zones encore moins fréquentées.